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La peinture chinoise traditionnelle
Source: Publier: Mis à jour le :2006-08-30
Les origines de la peinture chinoise traditionnelle remontent très loin dans l'histoire de la Chine. Les œuvres antérieures à la dynastie T'ang (618-907) sont surtout des scènes de genre. C'est «l'ége d'or» de la représentation de l'Homme. C'est au milieu de la dynastie T'ang que le paysage et les peintures «fleurs et oiseaux» commencent à prendre leur essor. Les peintures de montagnes, de forêts, de champs et de jardins permettent à celui qui contemple ces œuvres de laisser derrière lui les tracas de la vie matérielle et de se transporter dans un monde paisible et sans souci. C'est sans doute pour cette raison que les paysages étaient si appréciés des lettrés et des fonctionnaires. Les fleurs, l'herbe, les arbres, les pierres, les oiseaux et les autres animaux qui composent les peintures de la catégorie «fleurs et oiseaux», et qui sont rendus avec tellement de vie et d'énergie, sont également largement appréciés. Les trois grandes catégories de la peinture chinoise traditionnelle sont donc le paysage, les fleurs et oiseaux et les portraits.

Hua Yen, 1729

 Sous les dynastie T'ang (618-907) et Song (960-1279), les souverains et la classe dirigeante furent les plus grands mécènes. Le contenu des œuvres de cette période était plus sérieux et avait souvent un sens politique et éducatif. Le style des œuvres était plus élaboré et plus sophistiqué. A la cour des Song fut créée l'Académie impériale de peinture. Amateur d'art, l'empereur Houei-ts'ong de la dynastie Song accorda une place particulière aux peintres de cette académie et contribua par son patronage à la formation d'artistes prometteurs. Le rayonnement de l'Académie de peinture atteignit son apogée pendant cette période.

 Cependant, en raison de transformations sociales, économiques et culturelles, de plus en plus d'homme de lettres se mirent à la peinture, d'où l'influence croissante de la littérature sur cet art. La «peinture de lettrés» est née au temps de Sou Che (1036-1101), le célèbre poète de la dynastie Song, plus connu sous le nom de Sou Tong-p'o. Pendant la dynastie des Yuan mongols (1271-1368), en l'absence d'académie officielle de peinture au Palais impérial, le style de peinture de cour connut un déclin, et comme dans le même temps l'école de peinture des lettrés était devenue le courant principal, la direction des cercles de peinture chinoise revint aux peintres lettrés.

Les lettrés préféraient laisser libre cours à leur fantaisie : ils préconisaient un style frais, libre, simple et élégant. Leurs sujets de prédilection étaient la montagne et le rocher, le nuage et le cours d'eau, les fleurs et les arbres, les «quatre gentilshommes» (la fleur de prunier, l'orchidée, le bambou et le chrysanthème) etc. Comme ces éléments naturels sont moins compliqués à peindre que les personnages, le peintre pouvait laisser s'exprimer plus librement le pinceau et l'encre.

 Le «réalisme» de la peinture chinoise a souvent été sujet de débats. Certains pensent que la peinture chinoise n'est pas réaliste, ce qui n'est pas tout à fait la vérité. Le réalisme en peinture chinoise a atteint son apogée sous les dynasties T'ang et Song. Cependant, le genre de «réalisme» recherché ici n'est pas le reflet de l'objet tel qu'il est perùu par l'œil, mais plutôt l'expression subjective de l'émotion qu'éveille cet objet chez l'artiste. Par exemple, dans le Tableau de la balustrade brisée, exécutée sous la dynastie Song, l'artiste ne s'est pas attaché à représenter les jeux d'ombre et de lumière sur les vêtements des personnages dans un espace et à un moment donné. C'est pour cette raison que la peinture n'apparaît pas en trois dimensions. Une fois l'esquisse tracée, le peintre a utilisé les techniques de l'aquarelle pour donner un effet de clair-obscur représentant les forces du yin et du yang, afin d'exprimer la faùon dont il percevait la nature fondamentalement immuable de son sujet. Selon les principes de la perspective, une terrasse carrée devrait en théorie apparaître plus large au premier plan et plus étroite au second plan, afin de tenir compte de l'effet d'optique. En fait, les côtés d'une terrasse carrée ont la même longueur, et cette connaissance du monde physique est intégrée à l'image créée par l'artiste : la terrasse est représentée comme une surface plane dont les côtés sont d'égale longueur.

 Dans une autre œuvre intitulée Portrait d'un immortel à l'encre jetée, sous la dynastie Song, l'artiste, Léang K'ai, n'a pas voulu peindre le portrait d'un homme de la rue, mais celui d'un ermite d'un autre monde, et il aurait donc été inapproprié d'utiliser un homme ordinaire pour modèle. Les formes étranges, très inhabituelles de ce portrait, ainsi que les coups de pinceau hardis et vigoureux, font parfaitement ressortir les caractéristiques de cet individu extraordinaire. Cette peinture est représentative de l'école dite de la peinture à main levée, qui permet aux artistes une grande liberté d'expression.

 Dans la peinture chinoise, comme en calligraphie, l'élément principal est la ligne. Du fait de cette caractéristique commune, ces deux arts sont depuis toujours très étroitement liés. A l'époque où la «peinture de lettrés» est devenue prépondérante sous la dynastie Yuan, les hommes de lettres qui peignaient se sont efforcés d'affermir le lien entre la peinture et la calligraphie. Cette forte influence de la littérature sur la peinture a resserré les liens entre la poésie et la peinture. Les fonctionnaires-peintres et les érudits ont réalisé la fusion de la poésie et de la peinture, un style ensuite repris par l'Académie de peinture. Il est dit que l'empereur Houei-ts'ong des Song avait recours à la poésie pour tester les peintres sur leur capacité à exprimer avec de l'encre et du papier le monde enchanté évoqué dans la poésie en vers.

 A partir de la dynastie des Song, un petit nombre d'artistes a commencé à écrire le nom du donateur et du destinataire de la peinture sur celle-ci, ou à apposer leur sceau dans un angle discret de leur œuvre. Lorsque les peintures de lettrés étaient en vogue sous la dynastie Yuan, afin de manifester leur talent litéraire et calligraphique, les hommes de lettres ont commencé à ajouter sur le tableau des appréciations personnelles ou des vers de poésie en rapport avec l'œuvre. L'écrit prit ainsi une grande place dans la peinture. Les signatures ou les sceaux de donateurs et de destinataires s'accumulaient, de même que les commentaires ou les poésies rajoutées sur les peintures. Il devint également à cette même époque une habitude pour le peintre d'apposer son sceau sur ses œuvres. L'accumulation de sceaux, un art en lui-même, enrichit encore le contenu artistique des peintures chinoises.

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